dimanche 23 août 2009

L'adresse change...

Pour ceux qui voudraient continuer à me lire:

Envoyez-moi un message sur facebook ou sur ma boite mail (annefakhouri@hotmail.com) pour avoir la nouvelle adresse de mon blog.

Bizzz à tous.

dimanche 16 août 2009

Me défies-tu, pauvre mortelle?

Très franchement, je crois que je n'ai pas passé un été aussi pourri depuis celui durant lequel j'ai été larguée par un abruti et au téléphone, en plus, où j'ai été obligée de retourner vivre chez ma mère et de coucher avec un ex petit ami de l'adolescence (bon ok, je n'ai pas été vraiment obligée pour la dernière partie mais disons que je me le devais à moi-même).
Comme je disais hier à Gorille en faisant des pancakes à vingt-deux heures, tous les deux en pyjama et à moitié dans le noir: franchement, j'ai pas le vent en poulpe, en ce moment.
La réaction de Gorille (outre se foutre de ma gueule parce que je déforme toutes les expressions françaises) a été de me prendre dans ses bras, ce qu'il fait beaucoup, depuis quelques temps. Et moi, de me retenir de chouiner.
Pour ceux qui auraient compris mes allusions ultra fines, ben, il devait y avoir une Malédiction 2 et finalement, y a plus.
Disons que l'acteur principal a trouvé que sa loge était petite et mal éclairée, que la bouffe manquait de sel et de gras et qu'il méritait aussi qu'on lui loue des putes. Finalement, il s'est tiré en nous faisant un bras d'honneur. Ne rigolez pas, je l'ai vu à l'écho.
"Oh, regardez, le coeur qui bat... Ah et là... Mais euh...Euh je crois qu'il nous fait un doigt, là non?"
Je déconne, il n'avait pas encore de doigts.

Bref, c'est l'été le plus pourri de ma vie et je ne peux m'empêcher d'y voir une sorte de logique.
Ben oui.
Ces derniers temps, on peut dire que j'ai réussi plein de choses. Selon ma logique (familiale), si on a, on perd. Il fallait bien que le destin s'en mêle. J'avais parié sur un cancer mais tout est encore possible, à ce stade.
Du coup, hier, je parlais de "punition tragique" à Gorille qui était plongé dans Troie de Gemmell (et donc tout à fait ouvert à ce genre de réflexion).
Evidemment, que ce sont des conneries, que si les dieux existaient et se vengeaient, ça se saurait. Mais quand même. Au fond de moi, je ne suis pas éberluée à l'idée de Demeter me balançant "me défies-tu, pauvre mortelle?". Ou Héra. Oui, Héra, ça pète plus. Demeter, logiquement, n'aurait pas envie de taper sur les gosses, après ce qu'il lui est arrivé avec sa fille.
Héra aime bien, en général, s'en prendre aux mouflets.

Dans les faits, comme j'y pense, l'événement est assez banal et ça doit être pour ça que Gorille et moi ne nous roulons pas parterre en bramant, en toge, que les Dieux blablabla...
Mais ce qui est étrange, c'est que cet événement (perdre une cellule de soi... à peine un embryon), touche à une part d'irrationnel que je n'avais jamais exhumée.
Oui, jusque-là, les fausses couches, ça n'arrivait qu'aux autres. C'était un truc obscur, qui faisait détourner le regard et fermer sa gueule, l'un des rares trucs où aucune phrase toute faite ne marche vraiment.
C'était vraiment le seul sujet sur lequel je pouvais dire "je ne peux pas imaginer".
Seulement, voilà, ça nous est arrivé, à nous.
Maintenant, tout peut arriver. Voilà la part d'irrationnel qui nous relie à la punition tragique, à l'idée que nous avons dû faire quelque chose qui a froissé un dieu quelque part, de la présomption, sans doute, à affirmer être heureux de notre sort ou bien une absence de gratitude qui serait bien mon genre, parfois.
Tout peut arriver maintenant, le cancer, l'img, la stérilité, l'accident, le divorce, une bombe nucléaire, la fin du monde, être obligée de faire du sport.
Depuis quatre jours, ce n'est pas seulement la disparition d'un bébé potentiel que je ne pleure pas, c'est aussi l'idée que je ne serai plus jamais à l'abri. La fin des illusions, le début de la punition tragique.

Sinon, à part ça, comme je suis une psychopathe du mot, j'ai remarqué qu'il n'y avait aucune expression qui permettait d'exprimer correctement ce qui était arrivé.
"Fausse couche". Fausse?
"Avortement spontané". Avortement, déjà, niveau connotation, c'est chargé. Spontané. Au cas où il y aurait eu préméditation. J'aime la langue française.
"J'ai perdu le bébé". Qué bébé? Un truc rond avec un scintillement au milieu qui figure le coeur. Il faudrait dire "j'ai perdu l'idée du bébé". La perspective du bébé.

Bref, outre ce petit problème de vocabulaire et le fait que nous n'avons pas eu de vacances, que la Malé a été épouvantablement trauma tout le mois de juillet par un événement supposé mais pas déterminé et a perdu deux kilos (on lui voit les côtes, je ne vous dis pas l'état de Gorille... Pour le coup, il en chialerait...), que j'ai merdé sur le compte en banque et que je ne peux même pas claquer de thunasse, que j'ai pris encore plus de fesses au passage et que mon roman n'a pas avancé, ça va.
J'ai écrit un joli conte de Noël, un peu mélancolique.
Et heureusement, ma théorie des 10% m'a encore une fois sauvée. Vous savez, les 10% d'oeuvres non lues d'un auteur essentiel que je garde toujours "en cas d'urgence". Ca tombait bien, j'ai vraiment besoin de lire du Jane Austen. C'est mon dernier. Heureusement, il me reste deux Steinbeck.

La rentrée va être dynamique, ça nous sauvera.

Sinon, j'aurais pas dû relire Robison Crusoë. Maintenant, j'ai envie d'un indigène cannibale comme animal domestique, moi aussi. Avec Gorille qui me refuse toujours un hamster...
Eté de merde...

mercredi 5 août 2009

Pourquoi Maman ne joue jamais avec moi?

Ah oui, tiens pourquoi?

Laissez moi vous raconter une seule anecdote parmi toutes celles que j'ai retenues de mes nombreuses tentatives de partager un moment imaginatif et serein avec ma fille.

La Malédiction était la semaine dernière chez sa grand-mère paternelle. Autant vous dire qu'elle a bien mangé, qu'elle a bien dormi et qu'elle a marché au pas.
Comme la tradition le veut apparemment, elle a eu le privilège de jouer avec le château fort fabriqué par l'arrière-grand-père. Joie totale et délirante de la naine à sandalettes.
Comme on sait que j'aime particulièrement les combats de chevalerie, je concède m'installer avec ma fille pour lui enseigner l'art du tournoi et du siège.
Je prends donc un chevalier à l'armure rouge que j'appelle, tenant compte de l'âge de mon enfant, "le chevalier rouge" et lui donne un chevalier à l'armure bleue, que j'appelle "le chevalier noir" parce qu'il fallait un méchant et que "le chevalier bleu", ça fait plus ménestrel que fier et sanguinaire combattant.

Nous commençons donc à jouer et je m'écrie, en lançant le chevalier rouge sur le chevalier noir: "aah, chevalier noir, ennemi de mon roi, traitre à la race! Viens en découdre, félon!".
La Malédiction me regarde, perplexe.
Je pousse un peu son chevalier en faisant "cling cling", histoire de lui montrer qu'il fallait se battre.
Au bout de cinq minutes de "ah ah ah, tu ne m'échapperas pas, méchant!" et autres "viens si tu n'es pas un lâche", j'en ai eu un peu ras le cul.

J'ai donc abandonné l'enfant et son héritage en carton verni.

La Malédiction m'a calmement regardée puis a pris les deux chevaliers, un dans chaque main et les as rapprochés.
En faisant "tacatactactac" comme je lui avais montré (dommage qu'on n'ait pas de son et que vous manquiez ma célèbre imitation du galop).
J'ai souri, attendrie et me suis éloignée. Good girl! La relève était assurée! Ma fille n'était pas une handicapée du jeu d'imagination! Elle ferait sûrement une grande école pour primatologue et porterait des bermudas kaki et je viendrais la voir en Asie au milieu de ses amis les singes!
Ouais.

Donc je me suis éloignée puis arrêtée, écoutant, le cœur battant, le premier jeu de chevalerie de mon enfant.
Et c'est là que j'ai entendu le dialogue entre les deux chevaliers:
"Salut toi, tu veux me faire un câlin?
- Oh oui!
- Tu es mon amoureux, maintenant!"

Et ouais.
Ma fille est une hippie.

jeudi 23 juillet 2009

C'est pas un serre-tête

Hier, je me promenais sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu quand soudain... une espèce de taré (et il y en a dans ma banlieue, je pense qu'il y a un centre quelque part) s'est planté devant moi et m'a chanté le générique de Wonderwoman.

J'ai mis dix mètres à comprendre que c'était parce que j'avais un t-shirt rouge et un bandeau (rouge aussi).

Sur le coup, j'ai pensé qu'il avait décelé ma véritable identité.

Ou que j'étais encore sortie en collants et en slip.

lundi 20 juillet 2009

Et pendant ce temps...

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dimanche 21 juin 2009

Lennon, pas très catholique (oui, je l'ai faite)

L'autre jour, j'étais dans la voiture avec Gorille et nous partagions notre amour commun pour la musique et le commentaire (traduction: j'avais mis Nostalgie pour beugler à tue-tête et Gorille menaçait de se suicider).
Soudain, ils ont passé Woman de John Lennon. [Notez ce "soudain" qui ne sert à rien, sauf à introduire la phrase de manière pseudo-stylistique. Je suis un écrivain, je vous l'ai déjà dit?]
Tout le monde la connait. Perso, je l'ai écoutée toute mon adolescence, à l'époque où je pensais que Lennon était un visionnaire. Notez que je le pensais jusqu'à ce fameux soir où je regardais couler la seine en écoutant Nostalgie, la larme à l'oeil parce que bizarrement, j'avais carrément oublié cette chanson.
Vous vous souvenez de Woman, hein?

Ca donne ça: http://www.deezer.com/track/3145546

Et vous vous souvenez des paroles? Si si, écoutez-les.
Moi, je ne m'en souvenais pas.
Et je vais vous dire un truc. John Lennon n'est pas un visionnaire.
C'est un putain de mec!

Du coup, je suis allée chercher les paroles et je peux vous dire qu'elle valent leur pesant de Yoko Ono.

Woman

Déjà, un mec qui t'appelle "femme", tu te méfies, même si dans les années 70, il s'agissait du "femme" général singulier (que Julio a habilement contourné dans "vous les femmes"). John Lennon a l'air de considérer que sa chanson est un hymne à la femme. Ou alors il parle à Yoko et, à sa place, j'aurais ouvert la bouche au moins une fois dans ma vie pour lui dire de la fermer.

I can hardly express,

Sans déconner? Du mal à exprimer un truc vis à vis d'une femme? Je veux dire, une phrase de plus de trois éléments et qui ne comporterait pas le mot pipe? Non bon, j'arrête l'anti mec primaire. Mais déjà, un mec qui te dit qu'il va avoir du mal à exprimer ce qu'il a à te dire, ça sent l'oraison foireuse, ça sent même ce que les latins appelaient captatio benevolentiae, c'est à dire une introduction destinée à obtenir la bienveillance de son auditeur. Oui, là, on se dit "ooooooh le pauvre, il a du mal à exprimer mais il va le faire quand même! Pour moi!"

My mixed emotion at my thoughtlessness,


Ouais. Vous avez bien lu. Thoughtlessness. Les bilingues me pardonneront mais il me semble que ça veut dire inconséquence non? Ok. On est au vers trois et John Lennon vient de placer le mot inconséquence après "émotions mêlées". Vous voyez pas le truc venir? (Je suis sûre que les filles ont déjà repéré)

After all I'm forever in your debt,

Qué "after all"? D'où "after all"? Attends, tu parles d'inconséquence et tu balances un "après tout"?
Otez-moi d'un doute, debt, c'est bien dette, hein? Il dit quoi, là, Lennon? Qu'il a une dette vis à vis de la femme? Il veut dire quoi? Une dette genre "tu m'as donné la vie" qui, outre le fait qu'il confond toutes les moufs avec sa mère, ce qui est assez inquiétant, est quand même le résultat d'une différence biologique contre laquelle nous ne pouvons rien (perso, j'aurais préféré que Gorille porte nos enfants, si si)? Ou une "dette" genre "oups je crois que j'ai encore fourré ma bite dans la voisine par inadvertance... Bon allez, on va dire que je te dois un resto, d'accord?"?
En tous cas, ça veut dire quoi, ça: "après tout, j'ai une dette envers toi"? ... "Du coup, je t'écris une chanson et on est quitte"?

And woman I will try express,

Ah quand même.

My inner feelings and thankfullness,

Euh... Attends, j'ai pas bien compris là. D'abord tu dis que tu as une dette et pour la laver, tu vas me faire chier avec tes sentiments intérieurs et tes remerciements? Je préfère le resto, en fait. Surtout qu'après ça se gâte franchement:

For showing me the meaning of succsess,


The quoi? THE QUOI? La signification du succès? Ah oui, là, je crois bien que oui, effectivement.
"Tu m'as donné la vie, tu m'as forgé et merci de m'avoir donné la signification du succès". Mon dieu, mais que veut-il dire? Quel succès? Est-ce qu'il insinue que les femmes savent ce qu'est la réelle réussite?
Après tout (ouais moi aussi, je peux balancer "après tout" en ricanant), succès est masculin et bizarrement, signification est féminin. Réfléchis là dessus et trouve une autre rime, John.

oooh well, well,
oooh well, well,

Bon, là, il est gêné, c'est normal, la mouf en face de lui le regarde avec des yeux ronds depuis cinq minutes.


Woman I know you understand

Non. Là, on s'arrête. De suite. Aucune femme ne COMPREND. On arrête tout de suite avec cette légende. Surtout pour lire:

The little child inside the man,

Et voilààààààààà! On y est! Le coup du petit garçon! Ah ouais! Non mais c'est un cauchemar, cette chanson... Mais si on voulait un petit garçon, on ferait des gosses. On ne veut pas d'un petit garçon entre nos bras aimants. C'est lourd, ça chiale, ça s'accroche à ton nichon en te racontant ses histoires über-chiantes de garage.


Please remember my life is in your hands,


Hein?
Euh, ta vie entre mes mains? T'es sûr de l'orthographe de vie, t'as pas confondu le e et le t?

And woman hold me close to your heart,

Putaiiiiiin mais noooooooooon. NON. NON NON NON! Tu l'as lu, là? NON. On n'a pas envie de vous tenir contre nos coeurs comme des petits garçons inconséquents! ON NE VEUT PAS. C'est clair?

However, distant don't keep us apart,
After all it is written in the stars,


Ah ouais, le coup de l'horoscope maintenant. Tu nous prends vraiment pour des connes, hein?

oooh well, well,
oooh well, well,


Bien bien? Tu es fier de toi en plus?

Woman please let me explain,

Ah tiens. Exprimer, tu sais pas. Expliquer, tu peux.

I never mean(t) to cause you sorrow or pain,


Ben oui, tu vas pas dire "j'ai fait exprès de t'en faire chier". Très fin.

So let me tell you again and again and again,
I love you (yeah, yeah) now and forever,
I love you (yeah, yeah) now and forever,
I love you (yeah, yeah) now and forever,
I love you (yeah, yeah)....


... Euh, tu sais, au début, quand tu disais que tu avais du mal avec l'expression de tes sentiments, tout ça, tout ça... Je confirme.

Alors? Vous croyiez que c'était une chanson d'amour hein? Que dalle! C'est une putain de plaidoirie pour enchaîner une pauvre nana à soi pour la vie et l'obliger à le tenir contre son coeur pendant des heures au lieu de s'épanouir (ouais, en plus des mômes).

Quand j'ai dit ça, dans la bagnole, en ajoutant qu'on ne pouvait pas attendre grand-chose de sensé d'un mec qui avait fait sa vie avec Yoko Ono, Gorille m'a regardée avec des yeux ronds et m'a dit: "Tu es de plus en plus dingue, tu le sais? C'est juste une chanson, après tout!"

Ca se passe de commentaire.

mercredi 10 juin 2009

David Carradine, sors de ce placard!

Bon.
La semaine dernière, quand je vous parlais de David Carradine, le jour de sa mort, je ne savais pas du tout que c'était le jour de sa mort.
On va mettre ça sur le compte de mon sixième sens délirant et pas de ma propension à faire des gaffes morbides.
Ca se trouve, lorsque l'âme de David a quitté son corps, elle est allée directement vers le traiteur chinois de la rue Jean Jaurès pour m'envoyer un dernier message d'espoir.
"Sois toi-même", par exemple. Ce qui ressemblerait plus à un suicide social qu'à un réel espoir mais bon...
Ou "laisse de côté les nems de ton bo-bun. Ca finira directement dans ta culotte de cheval", ce qui est un peu naze comme dernier message avant le grand voyage mais tout à fait réaliste.

Ou peut-être a-t-il voulu simplement me mettre en garde.
Du genre: "si tu décides de t'attacher l'appareil génital avec une corde, évite de la passer aussi autour de ton cou."
Ce qui marcherait si j'avais un pénis. (Et, contrairement à ce que certains pensent, je n'en ai pas. Enfin, pas en vrai).

Enfin, bref, toujours est-il que j'ai SENTI la mort de David Carradine à des milliers de kilomètres et qu'à ce titre, je vous autorise à me vénérer.


En outre, j'ai réussi à me brouiller avec la Choucroute sur ce coup-là. Ca n'ira pas en s'améliorant tant qu'il n'aura pas compris l'ampleur de son geste: on ne balance pas les conditions de mort glauquissimes d'une idole de son enfance à une mouf qui a arrêté de fumer et qui est en pleine remise en cause existentielle.
(A sa décharge, il devait penser que j'étais au courant, vu que tout le monde ne parlait que de ça depuis le matin et que moi, j'étais ENCORE en train de méditer...)

Il ne pouvait pas non plus savoir que les histoires de déchéance et de mort étrange m'angoissent profondément. Johnny Weissmuller qui crève lamentablement sur un banc, pauvre et seul et alcoolique et vieux, par exemple... Et bien, ça me tord le ventre à chaque fois. L'idée qu'on puisse être un sex-symbol en pagne un jour et un vieux SDF à moitié fou le lendemain me colle en dépression nerveuse illico.
Bon, d'accord, pas systématiquement.
Par exemple, Liz Taylor qui est un exemple de déchéance physique et morale assez évident n'arrive à m'arracher qu'un ricanement perfide.
Et pourtant, elle a évité de jouer dans des films colonialistes (enfin je crois).

Quand j'étais petite, j'adorais les Johnny Weissmuller. Je me souviens hyper bien du premier où Jane et les siens marchent le long d'un ravin et où un porteur noir tombe. Là, le méchant (le fiancé nul de Jane) s'écrie:
"Oh non, il portait la boite à pharmacie!"
Véridique.
Avec ma soeur, on attendait toutes les scènes de rivière avec impatience, parce qu'un des porteurs survivants se faisait systématiquement bouffer par des crocodiles.
Bref, c'était que du plaisir, le dimanche après-midi à la maison et maintenant, je comprends pourquoi ma mère a tenté de nous perdre plusieurs fois en forêt.

Tout ça pour dire que je suis obligée de présenter publiquement des excuses à la Choucroute qui a cru sincèrement que j'étais saine et équilibrée et que donc, la mort de David Carradine n'allait pas me traumatiser pour la semaine.

Enfin, cela dit et dans l'absolu, ne pensez pas que je suis devenue super open à ce genre de nouvelles non plus.
Si vous avez une anecdote du genre "le mec qui faisait Casimir, en fait, il coinçait un gosse dans chacune des jambes du costume pour qu'ils le... enfin tu vois et ça explique qu'il dansait tout le temps avec autant d'entrain, alors qu'il portait un truc qui devait peser un âne mort...", vous vous la gardez, d'accord?
Au cas où vous n'auriez pas remarqué, je suis en plein revival et j'ai plutôt mal à mes illusions, en ce moment.

Bon, maintenant que tout est clair entre nous, je vais tenter de résoudre ma crise littéraire en rangeant mes placards. Puis je classerai mes cours. Puis je ferai le grand ménage de juin.
Après, je serai définitivement ma mère et je mourrai.